Le sport de compétition
Historiquement, c’est par les rencontres sportives entre facultés et entre universités que le sport a fait son apparition dans l’enseignement supérieur, il s’agissait en général, d’activités sportives compétitives traditionnelles comme les sports collectifs ou bien l’athlétisme, la natation… Ces rencontres favorisaient l’émulation entre les établissements, revêtaient souvent un caractère festif et permettaient à l’étudiant de renforcer son sentiment identitaire.
Le GNDS pense, bien sûr, qu’aujourd’hui, la compétition a une réelle valeur de par son exigence de résultat, l’ensemble des SUAPS de France organise, sous l’égide de la FFSportU, des compétitions universitaires.
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C’est une question qui reste à discuter. De même que la question se pose, pour les Sportifs de Bon et de Haut Niveau, de la reconnaissance de compétences acquises hors de l’université : Est-ce à travers d’un portfolio de compétences ? Est-ce une mention dans l’annexe au diplôme ?
Le sport dans la vie étudiante
La création des SUAPS par le décret n° 70-1269 du 23 décembre 1970 marque une nouvelle volonté politique : l’institution universitaire organise la formation sportive des étudiants.
Cela affirme une conception plus large du sport qui intègre la notion de culture physique ; outre la préparation à la compétition, l’entretien de la santé, de l’hygiène, la découverte de nouvelles pratiques, l’apprentissage de techniques sportives, l’animation du campus sont autant d’objectifs visés par les SUAPS.
Depuis quarante cinq ans, les SUAPS ont montré leur utilité au sein des universités et ne sont pas contestés dans leurs missions « Vie de l’Étudiant ».
Exemple – Organisation des Olympiades 2023 par le SUAPS Paris Cité
Leur nécessité s’est même renforcée depuis la massification des années 90 : parce que les publics sont plus hétérogènes, parce que certains étudiants rencontrent des difficultés à intégrer les codes universitaires, les SUAPS, en créant du lien social et en consolidant l’identité étudiante (notamment auprès des potentiels décrocheurs) apportent des réponses positives.
Mais, bien sûr, c’est sur le plan de la santé (cf Rapport Auneau- Diagana) que les SUAPS remplissent une véritable mission de service publique ; ce point seul suffirait comme argument pour voir renforcer les moyens d’action des SUAPS afin de toucher le plus grand nombre.
Une question reste posée à l’institution universitaire : comment valoriser l’engagement étudiant dans ces enseignements sportifs ?
Le renseignement d’un portfolio pourrait être une réponse.
Le sport dans les formations
1. État des lieux
Depuis plus de vingt ans, des initiatives locales ont permis la validation d’Unité de Valeur, puis d’Unité d’Enseignement à l’issue d’une formation sportive dispensée par le SUAPS, cela restait à une petite échelle.
C’est à partir de la mise en place de la réforme du LMD, que les enseignements sportifs ont plus largement intégré les maquettes de formation au titre des Unités d’Enseignement Libres ou d’Ouverture (UEL ou UEO selon les universités).
La réflexion, engagée depuis quatre ans par l’ensemble des directeurs des SUAPS, amène le GNDS à être en mesure de faire une proposition claire d’une Unité d’Enseignement « Sport-Compétences ».
En effet, notre présence actuelle dans les maquettes de formation au titre de l’Ouverture que constitue le sport, nous parait manquer de précision et donc parfois de pertinence, nous souhaitons mieux affirmer la spécificité des enseignements sportifs dans les formations, en précisant ce qu’ils apportent comme compétences à l’étudiant.
2. Analyse
Nous sommes partis d’un double constat qui constitue un paradoxe :
D’une part, l’université reste profondément marquée par le dualisme cartésien en hiérarchisant les savoirs intellectuels et les pratiques corporelles, hiérarchie que l’on retrouve dans les statuts accordés à la théorie, d’une part et à la pratique, d’autre part dans l’ensemble des enseignements.
D’autre part, de nombreuses enquêtes montrent une corrélation entre réussite sportive et réussite scolaire ainsi qu’une congruence entre performance sportive et performance professionnelle.
Le sport est formateur, mais n’est pas suffisamment reconnu comme tel.
3. L’Université évolue
Pour une meilleure reconnaissance, nous voulons nous appuyer sur les transformations et réformes en œuvre au sein de l’Université française depuis quinze ans, notamment sous l’impulsion du Processus de Bologne qui vise une harmonisation des systèmes universitaires européens et plus spécialement, le Projet Tuning qui vise à construire les outils de cette harmonisation.
Deux éléments, nous ont particulièrement intéressés :
- Un souci accru au sein des universités, pour l’employabilité des étudiants diplômés.
- La traduction des savoirs enseignés en compétences spécifiques, générales et pré-professionnelles.
4. Les SUAPS se positionnent
Les expériences sportives favorisent l’employabilité. C’est largement reconnu par les employeurs : le dynamisme, la maîtrise des facteurs de performance font parti des qualités professionnelles recherchées.
De plus, les expériences sportives renforcent de nombreuses compétences transférables en contexte professionnel.
Le GNDS a voulu répondre à une question d’actualité dans les universités :
Quelles sont les compétences que peuvent développer les SUAPS auprès des étudiants pour favoriser leur insertion professionnelle et leur vie de citoyen ?
Nous proposons cette liste non exhaustive de compétences générales renforcées par l’enseignement des Activités Physiques et Sportives :
Compétences de type cognitif :
- analyser des situations
- résoudre des problèmes
- prendre des décisions
- gérer ses erreurs
- planifier, organiser
- Capacité créative, prise d’initiatives
Compétences de type cognitif :
- travailler en équipe
- Aptitude relationnelle
- coopérer
- gérer ses émotions
- Capacité managériale
L’Unité d’Enseignement « Sport-Compétences » :
Le GNDS fait la proposition d’une UE spécifique « sport » qui précise ses objectifs de formation.
Cette UE pourrait être obligatoirement proposée aux étudiants de Licence, voire de Master.
Elle comporterait entre 20h et 24h d’enseignement sportif sous forme de cours et un travail personnel invitant l’étudiant à une réflexion sur les compétences acquises ou renforcées ; la restitution de ce travail sera évaluée.
Ce qui nous parait essentiel, c’est que l’étudiant fasse preuve d’esprit critique par rapport à son engagement dans la pratique sportive, qu’il soit capable de prise de distance et surtout qu’il soit en mesure d’identifier les compétences développées lors de cette pratique.
C’est cette capacité d’analyse qui marque la valeur universitaire de ces enseignements sportifs.
Conclusion
A l’heure où les universités doivent de plus en plus assumer leur responsabilité sociale au sein de la cité, le GNDS pense que c’est un moment bien choisi pour une proposition concrète de sport dans les formations afin, notamment, de favoriser l’insertion professionnelle tout en assumant une nécessaire mission de santé publique.

